Interview Philippe Bloch « Ne me dites plus jamais bon courage » lexique anti-déprime à usage immédiat des français.

Philippe, on vous connait plus sous l’angle des récits relatifs aux entreprises, à l’évolution des services et des business. D’où vient soudainement ce coup de gueule sur le comportement ?

Le livre est né d’un constat et d’un ras-le-bol ! Le constat que les Français truffent leur langage quotidien d’expressions négatives qui leur minent le moral sans même qu’ils s’en rendent compte. Et le ras-le-bol du pessimisme hexagonal dont il est grand temps de se débarrasser ! Tout a commencé par cette dramatique de se souhaiter bon courage en permanence en guise de bonne journée, comme si chacun de nous partait  à l’abattoir chaque matin…

L’expression « Le problème c’est que… » est un réel danger au mauvais conditionnement ?

Faites vous-même l’exercice, et notez le nombre d’occasions où cette phrase revient au cours d’une seule journée dans vos conversations, quels qu’en soient la nature, la durée ou le sujet. Nous sommes devenus incapables de penser que les choses peuvent être simples, normales, apaisées, fluides, agréables, que tout n’est pas forcément combat, tension, obstacle ou rivalité. Qu’il n’y a pas QUE des problèmes et qu’il est possible de vivre aussi heureux, voire plus, sans tenter de les débusquer en toutes circonstances. Qu’il n’y a aucune honte à voir un verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Que le monde tournera aussi bien si nous cessons de déceler uniquement ce qui n’y fonctionne pas. Car l’air de rien, cette habitude finit par nous conditionner en nous faisant imaginer des difficultés partout, même et surtout là où il n’y en a pas encore. Voire les faire survenir, à force d’être convaincus de leur avènement proche ou lointain. Plus grave est sa capacité à inhiber notre prise d’initiatives, ou notre propension à courir le moindre risque.

ne me dites plus jamais bon courageL’envie d’avoir envie, c’est un peu ce qui manque alors ?

Absolument ! Les Français sont tristes. Ils ont peur d’un avenir pire que le présent, et cela saute aux oreilles. Ils manquent de projets, et cela mine leur moral collectif. Sous assistance respiratoire et bientôt candidats à l’euthanasie si rien ne se passe, ils n’ont aucun grand élan durable et s’interdisent de rêver. Gavés d’antidépresseurs, ils broient du noir à tout propos, et cela devient dangereusement contagieux. Tétanisés par les menaces et les mauvaises nouvelles anxiogènes, les uns comme les autres ne voient plus ni les opportunités ni les solutions et sont incapables de repérer les succès et de les célébrer. Même par grand beau temps, ils voient ou imaginent des nuages dans leur ciel.

Alors qu’est-ce que vous conseillez à chacun (dans son attitude) pour que le changement soit vraiment maintenant ?

Considérer dès à présent que le bonheur est une décision que l’on peut prendre ou ne pas prendre. Qu’il dépend moins des circonstances de la vie que de la façon dont nous choisissons de les vivre ou de les surmonter. Que chacun de nous en a d’immenses réserves personnelles, dans lesquelles il suffit de puiser.

Comment faire évoluer sa prise de conscience et responsabilité individuelle, pour identifier nos opportunités et passer à l’action ?.....pour oser poursuivre ses rêves en fait ?

Le monde de demain appartient aux optimistes. Ceux qui sont capables de développer une vision positive de leur existence et de conserver une vitalité juvénile. Plutôt que de désespérer de l’inaction collective, ils préfèrent se concentrer sur ce qu’ils peuvent accomplir à leur niveau, fût-il modeste. Plutôt que se dire victimes, ils se voient en acteurs du changement. Plutôt que de considérer les tracas ou les emmerdements comme définitifs, ils s’efforcent toujours de les juger provisoires et de visualiser à quoi ressemblera la sortie de crise. À défaut de pouvoir changer le monde, ce qui compte aujourd’hui est de modifier le regard que nous portons sur lui. Et donc les mots que nous utilisons pour le décrire, afin d’y vivre le mieux possible dans les années à venir. Quel que soit le contexte. Quelles que soient les crises. Quelles que soient les difficultés de la vie. Car contrairement à ce que l’on croit, le bonheur n’est pas forcément une langue étrangère.

Quelle est au finale votre citation préférée sur l’optimisme ?

« L’histoire me sera favorable, car j’ai l’intention de l’écrire ! » Winston Churchill

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