Émeric OUDIN – Président du Centre des Jeunes dirigeants d’Entreprises.

Vous êtes dirigeant de la société Axe-Environnement et président du Centre des Jeunes Dirigeants d’Entreprises à compter du 1er juillet 2020. Pouvez-vous nous présenter brièvement le CJD et ses missions ?

Le Centre des Jeunes Dirigeant est une association qui a été créée en 1938. Elle regroupe 5000 dirigeants en France et 500 de plus dans le monde entier qui se développe.

Le CJD œuvre pour mettre l’économie au service de l’Homme. Nous défendons les valeurs de la responsabilité, de la solidarité, de la loyauté et du respect de la dignité humaine.

Nous travaillons sur la prospective et les nouveaux modèles économiques, la performance globale des entreprises en intégrant les paramètres économiques, sociaux, sociétaux et environnementaux. Nous prônons la RSE et ses effets positifs sur la résilience de nos entreprises et de la Société plus généralement.

Nous développons des outils pour accompagner les dirigeants dans la mise en place des Entreprises à Missions.

Nous avons des programmes de formations très vastes pour faire progresser le dirigeant dans ses postures en mouvement permanent. Le former dans le développement de son entreprise et au management de ses collaborateurs.

Nous développons des outils d’intelligence collective, l’entreprise inclusive ou comment intégrer le handicap, contribuer à l’égalité hommes/femmes, l’Environnement ou comment mettre en œuvre des bonnes pratiques concrètes pour protéger la planète qui est un enjeu majeur. 

 

Au contact de nombreux dirigeants de PME en France, quel est votre diagnostic sur la situation des entreprises et le moral des troupes ?

Les situations sont très hétérogènes selon les secteurs d’activités.

Certaines entreprises, dont nous contribuons à développer l’agilité au CJD, ont réussi à rebondir très vite en s’adaptant aux évolutions du marché. Certaines se sont mis à produire des masques, des blouses alors que ce n’était pas leur marché initial.

Nos politiques de management responsables nous permettent d’avoir des collaborateurs engagés et très impliqués, ce qui permet une réactivité très intéressante.

D’autres entreprises notamment dans les services, la restauration, ont bien sûr beaucoup souffert. Le moral reste bon avec beaucoup d’espoir sur le rebond que nous sommes déjà en train de construire. 

 

 

Comment s’y prendre pour dynamiser le tissu de nos petites et moyennes entreprises ? 

Jamais les opportunités de dynamiser l’économie française n’ont été aussi importantes. L’Etat et les grandes entreprises peuvent nous aider fortement en orientant les achats de manière responsable vers les PME elles mêmes responsables et impactantes sur leurs territoires.

Les seuls paramètres qui permettent de créer des emplois, c’est l’augmentation de l’activité, du chiffre d’affaires et de la marge.

Les PME doivent exister et faire connaitre leurs offres aux grands donneurs d’ordres qui sont en capacité de nous aider.

Les entrepreneurs sont prêts à prendre des risques et à créer des nouvelles industries. A condition de prendre en considération la nature d’une part, et d’avoir l’engagement de l’Etat en sécurisant un minimum les volumes d’achats publics.

 

Quels sont les leviers qui seront encore plus utilisés par les entrepreneurs demain ?

La formation. Le monde bouge en permanence. Nous avons le besoin de progresser et d’intégrer de nouveau paramètres. De se préparer à manager l’inconnu. A digitaliser son organisation. 

Continuer à rendre nos entreprises désirables afin que les meilleures compétences puissent rejoindre nos organisations.

Considérer nos collaborateurs et leur apporter encore plus de reconnaissance au quotidien. 

Le bien être des collaborateurs n’est pas un moyen c’est une finalité. 

 

Quels sont les freins à la croissance, ou plus conjoncturellement à la pérennité des entreprises, que vous avez identifiés ? 

Le manque d’agilité est un frein.

L’enjeu le plus important qui attend la Société est la responsabilité. Tout est fait aujourd’hui pour que les citoyens soient déresponsabilisés. Les responsabilités sont reportées sur le chef d’entreprise, sur les maires…

Chacun doit prendre conscience qu’il est responsable. Sa meilleure carte d’électeur c’est sa carte bleue.

Quand le citoyen achète un produit, il doit être conscient de son impact sur l’économie française. Acheter le moins cher n’est pas la bonne décision

La croissance est un modèle dépassé. Les arbres ne montent pas au ciel. Notre planète ne pourra pas continuer à accueillir la croissance.

Il est nécessaire de revenir aux valeurs essentielles de la vie. Créer du lien social. Raisonner différemment.

Il faut inventer de nouveaux indicateurs pour juger de la performance de nos entreprises et les rendre pérennes si elles respectent l’Humanité et la Planète.

La croissance des entreprises doit être horizontale désormais et se mesurer dans l’impact positif qu’elles génèrent.

 

Quelles sont les orientations du CJD pour accompagner les entrepreneurs dans les deux prochaines années ? 

Ces derniers mois nous confirment que nos axes de travail étaient les bons depuis longtemps maintenant.

Sur la base de la valeur de la solidarité, nous aidons les entreprises en difficulté à se relever par l’organisation de groupes de travail stratégiques. Nous accompagnons par des outils financiers également les dirigeants dans le besoin.

Nous encourageons les adhérents à devenir entreprises à mission et batir les plans de développement sur la base d’une raison d’être.

Nous allons également faire entendre nos voix au maximum pour être partenaire des décideurs politiques.

Nous sommes 5000 entrepreneurs à la disposition du pouvoir économique pour tester des nouvelles décisions, des nouveaux dispositifs, mesurer leurs impacts et proposer des ajustements. De nombreuses expérimentations doivent être menées et le CJD en sera un acteur majeur.

http://www.cjd.net/